par Nadine Davignon, avec la collaboration de Véronique Laflamme

En déambulant dans le quartier, près du Centre famille et de Chaussures Blanchet, je remarque la toiture d’une maison remplie d’herbes et de fleurs sauvages. « Ouf, son toit est à refaire, lui! », me dit mon ami. Eh bien non, justement, c’est un toit récemment rénové, spécialement conçu pour y planter des végétaux.

Comment ça marche?
L’idée n’est pas nouvelle! Depuis des centaines d’années, les Scandinaves utilisent la végétation comme isolant thermique. Aujourd’hui, une toiture végétale est composée d’une membrane étanche, d’une couche de drainage et de filtration, d’une épaisseur de substrat léger (compost, petites pierres) et bien entendu de végétaux. La membrane étanche empêche l’eau d’atteindre la couverture de la maison, et bloque également les racines.

Le toit végétal compte de nombreux avantages, tant pour les occupantEs de la maison que pour la ville : il améliore l’isolation l’hiver et réduit la chaleur en été, prolonge la durée de vie des toitures, réduit les eaux de ruissellement (économie de traitement des eaux municipales), assainit l’air, réduit le bruit, permet l’utilisation d’un espace perdu et embellit la ville.

Il existe également des murs de végétation. Ceux-ci sont installés à quelques centimètres des murs d’origine. Ils contiennent une mousse ou un feutre qui retient l’eau pour accueillir les plantes, qui poussent sans sol. Ces murs protègent la maison contre le vent, les précipitations, le bruit et le soleil. Il est possible d’observer le mur végétal en cours de construction à la Maison de l’environnement, sur la rue Salaberry (face à Lockwell).

Quoi planter?
Les toitures végétales peuvent être facilement installées sur les toits plats ou en pente douce, ce qui abonde dans notre quartier! Mais il faut préalablement s’assurer, auprès de professionnelLEs, que les structures de la maison peuvent supporter cette nouvelle toiture.

Le plus simple est de privilégier des plantes vivaces très résistantes, comme les couvre-sols et les plantes alpines. Mais tout est possible. Si vous souhaitez intégrer un système d’arrosage automatique à votre toit végétal, ou l’arroser régulièrement, il devient alors possible de cultiver un potager, et même d’y planter de petits arbres, dans des bacs de substrat plus épais.

Combien ça coûte?
Dépendant du type d’aménagement souhaité, une toiture végétale aménagée par des professionnels coûterait entre 10 $ et 25 $ le pied carré. En comparaison, le coût d’une toiture conventionnelle oscille entre 1,50 $ et 10 $. Ceci n’inclut pas les coûts des travaux de renforcement de la structure de la maison, si nécessaire. Toutefois, la toiture végétale a une durée de vie deux fois plus longue que celle d’une toiture conventionnelle.
Le Conseil de quartier Saint-Jean-Baptiste ainsi que la Fédération des coopératives d’habitation de Québec-Chaudière-Appalaches ont récemment débuté, auprès des différents paliers de gouvernement, des démarches revendiquant l’établissement d’incitatifs fiscaux et financiers à la mise en place de toitures végétales. Le FRAPRU (dont est membre le Comité populaire Saint-Jean-Baptiste) a aussi mis sur pied un comité de travail qui se penchera sur la possibilité de revendiquer que les différents codes, lois et règlements régissant la construction soient modifiés afin d’améliorer les normes environnementales.

De plus en plus populaire…
Au Japon, la ville de Tokyo exige que toute construction occupant plus de 10 000 pieds carrés de terrain soit couverte de végétaux sur 20 % de sa surface. À travers le monde, les colloques se multiplient et les exemples originaux aussi : des « sentiers nature » en ville jusqu’au mini terrain de golf sur le toit! Le Musée du Quai Branly à Paris posséderait maintenant le plus grand mur végétal au monde. De nombreuses rénovations de bâtiments publics (magasins, bibliothèques, musées, tours à bureaux) intègrent aujourd’hui toitures et murs végétaux.

Trois organismes clés de notre quartier s’intéressent vivement à ce type d’aménagement : le Conseil de quartier, Vivre en ville et le comité aménagement du Comité populaire Saint-Jean-Baptiste.

Peut-on rêver de voir un jour de nombreux toits et murs jardins dans Saint-Jean-Baptiste ? Pourquoi pas…

Pour plus d’information :
www.vivreenville.org, 522-0011
http://www.archibio.qc.ca,
(514) 985-5734
Conseil de quartier Saint-Jean-Baptiste, arrondissement la cité : 641-6101 #3115
Comité populaire Saint-Jean-Baptiste :
522-0454

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Extrait du numéro d'automne 2005 du journal l'Infobourg.

Faire pousser des végétaux sur les toits? Pourquoi pas!