Par Yves Gauthier

Coup de théâtre! Au mois d’avril dernier, le Conseil de quartier Saint-Jean-Baptiste a perdu trois de ses membres, dont deux officiers. En effet, le président, M. Lucien Morin, et le trésorier, M. Raynald Gadoury, ont remis leur lettre de démission, imités par Mme Lyse-Diane Laflamme, directrice de l’école Saint-Jean-Baptiste. Ces retraits, inattendus du grand public, arrivent au moment où le Conseil de quartier connaissait son plus haut niveau d’estime chez les résidantEs.

Le projet de construction de coopératives d’habitation sur les terrains de l’Îlot Berthelot aura été le dernier dossier auquel les démissionnaires auront contribué en s’associant au Comité populaire Saint-Jean-Baptiste. C’est dans un véritable esprit de concertation et avec une vision globale des besoins du faubourg que, sous la présidence de Lucien Morin, le conseil s’était engagé activement dans la lutte pour la cession par la Ville de terrains à des fins de construction de logements sociaux. Cet appui au Comité populaire, servant d’exemple, en aura suscité beaucoup d’autres. Rappelons que le terrain a été cédé aux requérantEs de la Coop l’Escalier le 20 avril dernier.

Cette victoire est à marquer d’une pierre blanche dans le livre d’histoire de la Ville pour tous les intervenantEs dans ce dossier, dont le Conseil de quartier Saint-Jean-Baptiste.

Démissions
Pour une fois que le Conseil de quartier avait une vision! Pour une fois que le Conseil de quartier avait une direction! Pour une fois que les besoins du quartier étaient pris en compte dans leur ensemble de façon articulée et sans mesquinerie! Pour une fois que les intérêts des gens du quartier, défendus par différents organismes, coïncidaient avec l’approche de concertation du conseil! Pour une fois qu’une victoire éclatante venait souligner de vaillants efforts de concertation! Pour une fois que le Conseil de quartier devenait un organisme mobilisateur et crédible! Pour une fois…

Mais le grain de sable qui enraie l’engrenage devait tôt ou tard ressurgir. M. Morin l’a signifié très clairement dans sa lettre de démission: « (…) il m’est devenu trop lourd de devoir combattre, de façon de plus en plus constante, certaines conduites, attitudes et objections (…). Ces désaveux remettent continuellement en question (…) des orientations et des décisions démocratiquement et publiquement prises par le conseil. » Et de renchérir M. Gadoury : « (…) je trouve démoralisant de toujours devoir affronter les remises en question du travail accompli bénévolement pour le bien-être du milieu. »

Étant retraités, ces deux anciens conseillers veulent quand même continuer à rendre service au quartier en s’impliquant dans d’autres organismes ou activités avec sérénité.

Mais pour eux, malgré leur démission, il n’est nullement question de remettre en question la pertinence du conseil de quartier. Au contraire, le Conseil est, à leurs yeux, un outil important dans le processus démocratique de prise de décisions en ce qui concerne l’avenir du quartier Saint-Jean-Baptiste. Quant à Mme Laflamme, elle n’a pas donné de raisons spécifiques dans sa lettre de démission.

Le malaise
De sources généralement bien informées, l’Infobourg a appris que le malaise émane essentiellement de l’attitude d’un membre qui semble croire qu’intérêts personnels et intérêts collectifs doivent se confondre, et pour qui le mot démocratie ne semble pas signifier grand chose. Un individu pour qui seuls ses projets personnels comptent. Comme si le Conseil de quartier était un marché aux puces!

Toujours selon nos sources, ce même individu, dont les démissionnaires préfèrent taire le nom pour l’instant, a connu des problèmes similaires dans d’autres organismes dont il a été responsable ou avec lesquels il a collaboré.

Soulignons simplement qu’en septembre prochain, il y aura élections de représentantEs pour siéger au Conseil de quartier Saint-Jean-Baptiste.

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Extrait du numéro d'été 2005 du journal l'Infobourg.

Démission surprise au Conseil de quartier - Le «malaise» refait surface